Creative Tracks Series - Beyond the platform : Gwendolenn Sharp

Fondatrice de the Green Room, Gwendolenn a reçu une bourse de mobilité FRC/Creative Tracks pour se rendre à Agadir et participer aux rencontres Climate Chance sur l’environnement et la culture.
Quel est votre parcours professionnel ?
J’ai un DEA en Littérature Comparée et un DESS en Relations Internationales. Après mes études j’ai travaillé en Pologne pendant huit ans, j’étais notamment chargée de coopération internationale pour une institution culturelle, et je m’occupais de la programmation musicale d’un festival. Je suis rentrée en France en 2012 et depuis je travaille en freelance comme manager culturel sur des projets de coopération internationale. Je travaille beaucoup sur le bassin méditerranéen car après avoir participé au programme TANDEM SHAML et travaillé avec Mahatat for Contemporary Art au Caire, j’ai fait de nombreuses rencontres et ai toujours gardé des liens avec eux.
Pour quelles raisons et comment avez-vous mis en place votre entreprise culturelle ?
Le déclic s’est déroulé lorsque j’ai participé au Salon TPAM au Japon, quelques mois après l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima. J’ai été marquée par la manière dont les artistes présents lors du salon avaient repensé leur place et leur manière de travailler suite à la catastrophe. Il y a eu beaucoup de discussions autour de ces questions. J’ai toujours eu une sensibilité environnementale mais je n’avais pas fait le lien avec mon projet professionnel. Il y a eu en même temps le début des révolutions arabes et la guerre en Syrie. Je me suis alors dit que ce que je faisais n’était peut être pas assez, en tout cas que ça n’avait pas une portée assez grande.
J’ai repris mes études en développement durable à Nantes. J’ai choisi cette ville parce que c’est à mon avis l’une des plus dynamiques sur la question de l’environnement en France. Stratégiquement je pouvais élargir mon réseau, découvrir d’autres initiatives, rencontrer des entrepreneurs sociaux. En effet en 2016 je me suis engagée pour le premier sommet Climate Chance, qui entrait dans la dynamique de la Cop 21 et la thématique « Culture et changement climatique ». C’est donc dans un contexte international que je me suis lancée dans la création de the Green Room.
Quelles sont les activités de the Green Room ?
Je fais beaucoup d’accompagnement d’artistes et surtout de musiciens, ce qui se traduit par beaucoup de production, d’accompagnement à la tournée ou à la mobilité. Des domaines dans lesquels la question environnementale est rarement prioritaire. L’idée c’est d’être une agence créative avec des artistes associés, avec lesquels je co-crée des solutions environnementales, notamment pour réaliser des tournées ou des modes de production plus durables, vertes et éco-responsables. L’idée c’est de travailler sur différents axes pour changer d’échelle, ainsi que les modèles actuels de production de tournées.
Par ailleurs j’aimerais beaucoup renforcer l’aspect recherche de the Green Room. J’aimerais pouvoir faire un réel état des lieux des initiatives engagées sur cette question en France et à l’international. Ce serait le moyen de donner de la visibilité aux artistes, aux festivals et aux salles qui travaillent sur ces questions. Il y aurait aussi des axes sur les opportunités de financements ou de formations.
Quels sont les impacts que vous attendez à un niveau local ?
Il y a un premier impact direct dans le milieu professionnel de la musique. Je travaille cette question directement avec les artistes car on change les feuilles de route des tournées (par exemple : ne plus utiliser de plastique), afin de diminuer leur impact carbone. Par ailleurs, je crois vraiment au vecteur de sensibilisation de la musique et à sa capacité de mobilisation. S’il y a plusieurs musiciens ou festivals qui commencent à mettre en avant les questions environnementales, on peut sensibiliser un public.
Il y a surtout un impact global parce que je n’ai pas encore d’ancrage local. Mais c’est un objectif de travailler avec des festivals et salles de spectacle en Normandie. De la même manière j’aimerai réussir à faire un travail de plaidoyer auprès des collectivités locales et des financeurs pour qu’il y ait plus de leviers.
Quelle est votre stratégie pour vous implanter sur le marché ?
Jusqu’à présent je me suis associée à des initiatives déjà existantes ou en cours, comme Climate Chance. Je me suis rapprochée du réseau Eco-événements à Nantes (qui travaille sur tous les événements dans l’espace public et qui accompagne les organisateurs sur la question de la gestion des déchets notamment) et siège au conseil d’administration de l’Association. Maintenant, j’essaie d’être plus pro-active, de savoir où sont les besoins et d’y répondre. Le travail que je fais avec les artistes c’est une chose, mais pour continuer à me développer je devrais aller vers certains réseaux.
Quelles les prochaines étapes de développement de the Green Room ?
En ce moment je suis un dispositif du Mouves pour les entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire et je suis accompagnée par un coach. Dans ce cadre, je suis partie travailler trois mois en Tunisie dans un éco-village et au retour j’ai suivi cinq séances d’accompagnement pour développer le projet en amont. En ce moment je me pose beaucoup de questions, principalement liées à mon modèle économique et au développement de mes activités.
Photographie : © Constanze Flamme
Creative industries areas, Festivals, Music

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